André Navez
Parmi les fonctions de l’art, celles de la trace, du signe, de l’arrêt, sont de tous les temps. André Navez s’y attache. Il sème les matières dont il observe les créations. Il les encourage, les stimule par la lumière, le geste ou le contraste. Il y a bien là une scénographie de l’écart, de la distance du regard comme de l’émotion. On se prend à regarder plus loin, plus avant, plus profond comme si l’œuvre refusait de se dévoiler, de nous livrer son histoire. Et cette résistance nous dynamise, nous pousse à heurter davantage encore la matière, support du sens. Michel Franceus Ciment et Pigment sur fibre de verre
André Navez est peintre du sensible, ses textures sont prétexte à la couleur et inversement. Entre pigments et matière, les devenirs s’échangent et se répondent. L’artiste nous invite à une vision tactile, à toucher du regard, à caresser une chair abstraite. André Navez vit au rythme de ces œuvres, dans son atelier laboratoire. Il est comme l’accompagnateur de la vie de ces minérales. Il ensemence des champs de couleurs avec d’infinies poussières, observe des dégradés et des courants, crée des revers et des surfaces, joue de l’altérité. Veloutés de matière, pièges à lumières, vibrations … L’œuvre est contemplative, elle arrête le regard et s’y ouvre en son aspect fractal sans limites. Rien ne peut mesurer la texture, l’infinité de la matière vibrant dans la lumière, accrochant les photons … Jean-Philippe Goffaux (extraits)
Lorsqu’on pénètre dans l’univers d’André Navez, on se tait, on regarde, et alors on est surpris de se sentir bien, serein, rassure, apaise. L’artiste va à l’essentiel, chez lui pas de propos tapageurs. Avec beaucoup de sobriété, il nous entraîne dans le monde du non-intentionnel, du non-dit, du non-imposé. « A chacun de lire entre les lignes ». Cela exige de notre part, nous spectateurs, un effort d’intériorité. On sent dans le travail de l’artiste une quête de la Présence, de l’Altérité, de l’Autre. A travers le jeu plastique des matières, qui jouent avec les contrastes : l’ombre et la lumière, le lisse et le rugueux, le plein et le creux, la ligne et l’aplat, on perçoit intuitivement, que tout est complémentaire. L’artiste nous livre un univers ouvert où tout est en harmonie. Dans le monde d’aujourd’hui, où tout se vit en accélère, les toiles d’André Navez sont comme une oasis, un havre de paix, qui nous donne la possibilité de nous reposer, de nous ressourcer, et de vivre une liberté toute intérieure. Pour tout cela, un grand merci. Françoise DANEL
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